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Nous voulons tout
de Nanni Balestrini

DU 1er AU 3 DÉCEMBRE 2011 | jeudi à 19h, vendredi et samedi à 20h30

Distribution

texte :Nanni Balestrini
mise en scène : Jérôme Richer
avec Freddo L'Espagnol
assistanat à la mise en scène : Anne-Shlomit Deonna
scénographie : Stefan Lauper
lumières : Joëlle Dangeard
production : Compagnie des Ombres

Le spectacle

« Et aujourd'hui, je vous dirai que non seulement il faut s'engager dans l'écriture, mais aussi dans la vie.»Pier Paolo Pasolini

« Si aujourd'hui s'indigner est devenu à la mode, cette indignation n'est bonne qu'à soulager nos mauvaises consciences si elle n'est pas suivie d'actes pour en faire cesser les causes. Nous nous voulons de Nanni Balestrini, c'est justement ça. Le destin d'un homme, un ouvrier d'une usine Fiat à la fin des années 60, en Italie, qui au-delà de son indignation contre l'oppression des patrons et autres petits chefs découvre les vertus de l'engagement. Sud de l'Italie, fin des années 60, un jeune homme immigre dans le nord industrialisé. Plus intéressé par courir les filles que par la politique et la révolution, il découvre la réalité de l'usine : exploitation, autorité et violence des chef, la collaboration des syndicats. » Jérôme Richer

En cette année 1969, la révolte sociale gronde dans toute l'Italie et les mouvements de grève organisés par les ouvriers eux-mêmes en dehors des syndicats traditionnels courbant l'échine devant les patrons, se multiplient. Après des semaines de lutte à la Fiat, le mouvement se termine dans un chaos insurrectionnel. Véritable témoignage historique.

La langue qu'emploie Balestrini pour faire parler son ouvrier est à la fois très travaillée et très orale. Elle a un côté direct, brut et en même temps poétique. C'est une langue qui charrie les émotions de son personnage, ses colères, ses frustrations, ses envies. C'est une langue sans apparat. Probablement que cela tient au fait que Balestrini s'est nourri d'une rencontre avec un ouvrier de la Fiat pour écrire son texte. Le texte est très proche de ce qu'on pourrait qualifier de théâtre documentaire, une manière de magnifier la réalité tout en préservant l'apparence de vérité.

L'auteur et le texte

Né à Milan, Nanni Balestrini vit entre Rome et Paris. Poète, membre du célèbre groupe des Novissimi, il est un des protagonistes les plus déterminés de l'avant-garde italienne rassemblée autour du Groupe 63 et a joué un rôle de premier plan dans la création et l'animation de revues comme Il Verri, Ouindici, Alfabeta. Il est également l'auteur de plusieurs romans, notamment Tristan, publié autrefois dans la collection Tel Quel, au Seuil, et L'Éditeur, qui retrace la vie de Feltrinelli.

Extrait d'un entretien avec l'auteur
« Mon choix, c'est celui de la révolte. Des personnes qui n'acceptent pas le jeu imposé, métro-boulot-dodo. Mais ce n'est pas que ça ne leur convient plus d'un point de vue individuel, ce qui serait encore le roman moderne, bourgeois, du XIXe siècle, qui est toujours individualiste. Cette fois, ce sont des révoltes collectives, pas toujours politiques, mais sociales en général. Des gens comme dans Vogliamo Tutto. Ce sont tous des groupes collectifs qui à un moment donné, de façons différentes, pour des raisons différentes, entrent en conflit avec l'ordre établi de la société. Ce sont en général des révoltes perdantes. C'est un sujet qui me passionne, parce que j'aime les gens qui se révoltent collectivement. Pour moi, c'est une chose très importante, vitale, peut-être la plus vitale. Ce sont ces révoltes spontanées, qui laissent exploser une grande énergie, une énergie collective, où les gens se reconnaissent entre eux. Une chose incroyable. C'est comme un grand amour. Un amour qui te porte en hauteur, la volonté de faire quelque chose ensemble. Je pense que toutes ces révoltes deviennent un langage. Mai 68 par exemple a créé un langage. Pour un écrivain, c'est quelque chose d'exceptionnel. Ce sont des choses passionnantes, en elles-mêmes mais aussi parce qu'elles deviennent langage. Tu peux écrire dessus des choses intéressantes. Et c'est ça que j'appelle l'épique. »

Extrait de Nous voulons tout

« Enfin, ils nous expliquent. Ils nous font voir le cabinet, le bidet, le lavabo, le pied du lavabo, la baignoire. Ils les sectionnent, ils nous expliquent combien de centimètres ils doivent avoir. Combien de minutes le lavabo doit rester dans le moule, combien de minutes doivent rester les divers machins. Ils nous expliquent la forme, comment elle est faite, et le reste. Et puis ils commencent à nous faire voir comment on travaille. »

La compagnie

La Compagnie des Ombres est une association née en janvier 2005. Elle est basée en Suisse, dans le canton de Genève. Elle est en résidence au Théâtre Saint Gervais Genève depuis le 1er janvier 2009.

La Compagnie des Ombres œuvre dans le domaine artistique. Sa particularité est de miser sur l'interdisciplinarité. La volonté affichée de ses membres, qui ont tous des centres d'intérêts très divers, est de pouvoir dépasser les frontières existantes entre les différentes branches artistiques. Et au sein même de chaque branche, ne pas se limiter à un seul genre. Le théâtre dans toutes ses acceptions (politique, burlesque, d'intervention, de rue,…) est l'activité artistique dominante de l'association. La réalisation de films et la mise en place d'expositions d'art sont déjà au programme. La cohérence de l'ensemble des projets est garantie par le responsable artistique de l'association (Jérôme Richer) ainsi que par une conception du travail collectif qui se retrouve dans chaque projet.

Pour chacune de ses réalisations, la Compagnie des Ombres a la volonté de placer les différents collaborateurs sur un plan d'égalité, ne faisant pas de différence entre les collaborateurs ayant un apport artistique et les autres. La seule hiérarchie envisagée est une hiérarchie des compétences. Chaque collaborateur peut s'exprimer sur la (ou les) réalisation(s) en cours. Tous les collaborateurs rétribués par la Compagnie des Ombres le sont à part égale pour une même unité de temps.

Photos de répétition
Présentation vidéo

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Extrait vidéo

Presse, documents et liens
Durée, prix et réservation

Environ 65 minutes.

Plein tarif : 30.-
Tarif réduit : 20.-
Enfants : 10.-

027 321 23 41
reservation@petitheatre.ch




 
     
   
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