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Vernissage de Václav Havel
par la Compagnie Générale de Théâtre (CH)

LES 26, 27 et 28 MARS 2015 | jeudi à 19h, vendredi à 20h30, samedi à 19h

Le spectacle

Ferdinand Vanek est reçu chez un couple d'amis, Véra et Mickaël, à l'occasion du « vernissage » de leur nouvelle décoration d'intérieur. Le couple va utiliser toutes ses cartes pour user de violence symbolique sur son invité, affichant un bonheur outrancier et une réussite sur tous les plans. Ils vont se livrer à une véritable torture psychologique, sous une apparente bienveillance, pour faire comprendre à Ferdinand qu'il doit penser et vivre comme eux. Mais le vernis finit par craquer, quand Ferdinand montre des velléités d'indépendance.

Cette débauche de bonheur publicitaire est vibrant d'actualité, en rapport à notre frénésie d'acquérir les biens de consommation qu'on nous vante sans cesse, du mode de vie que notre société prône, gouverné par la réussite et l'épanouissement individuel, fers de lance d'une vie juste.

L'humour caustique de Vaclav Havel résonne longtemps au sortir du théâtre, quand nous retrouvons nos intérieurs, pour certains bien bourgeois... Telle une pendaison de crémaillère cauchemardesque, Vernissage est un magnifique et vibrant manifeste contre la pensée unique, et un brillant antidote au conformisme.

Distribution

texte : Václav Havel
mise en scène : Matthias Urban
avec Valérie Liengme, Yves Jenny et François Florey
collaboration artistique : Maria Da Silva
création musicale : Christoph Koenig
scénographie : Fanny Courvoisier
costumes : Scilla Illardo
lumière : Nicolas Mayoraz
production : Compagnie Générale de Théâtre
coproduction : Grange de Dorigny, Théâtre des Osses et CMA-Petithéâtre de Sion
avec le soutien de : Ville de Lausanne, Service culturel Migros Vaud

L'auteur et le texte

L'AUTEUR
Vaclav Havel
Dissident politique avant de devenir chef d'Etat, dramaturge soutenu par Beckett, Pinter et Dürrenmatt, Vaclav Havel a tout de l'agent double. Il s'est consacré au combat politique sur tous les fronts, inscrivant sa trace et ses idéologies humanistes sur les scènes politique et théâtrale.

Dans les deux cas, son engagement et son intégrité lui vaudront d'être reconnu internationalement. Figure de proue de la Révolution de velours en 1989, il est l'artisan de la jeune République Tchèque. Les Tchèques lui donneront ce nom symbolique: «Président philosophe». Il est l'exemple unique d'un dramaturge devenu président. Premier président de la République tchèque de 1993 à 2003, il est décédé en 2011. Parmi les nombreuses récompenses reçues, il faut retenir : le Prix UNESCO des droits de l'homme en 1990, le Prix conscience planétaire (Club de Budapest, 1996) et le prix Franz Kafka en 2010.
Il reste dans son pays une personnalité très estimée. Un parcours atypique pour celui dont la vie est qualifiée « d'œuvre d'art » par son ami Milan Kundera. Il laisse derrière lui, en tant qu'auteur, une vingtaine de pièces de théâtre, traduites et jouées dans de nombreux pays.
Le théâtre de Vaclav Havel

Proche de Pinter et de Beckett (ce dernier lui a dédié Catastrophe durant son emprisonnement), l'écriture de Havel s'inspire dans ses débuts de celle de Kafka. Vaclav Havel est maitre de l'absurde et des dénuements esthétiques, particulièrement dans ses premières pièces. Certaines reflètent l'expérience de la dissidence, d'autres plus comiques tiennent parfois de la satyre sociale. Toutes se prévalent d'un thème central, l'homme rejeté par les structures sociales, et pris en étau dans les affres des totalitarismes. Selon Ourednik : « La seule certitude est celle de l'incertitude. Les pièces de Havel témoignent avant tout de la crise de l'identité humaine dans le monde d'aujourd'hui. »

Son théâtre résonne d'un humour noir sans faille, qui apporte une dimension nouvelle aux thèmes abordés.

En octobre 2013, la ville de Paris a inauguré une bibliothèque Vaclav Havel, qui met à disposition un important fond de documents sur la vie et l'œuvre de l'écrivain et du chef d'Etat.

LE TEXTE
Vernissage – comédie dramatique en 1 acte
Vernissage fait partie d'un triptyque (Audience, Pétition, Vernissage. Ed. Gallimard) écrit entre 1975 et 1978, juste après la période d'emprisonnement de l'auteur par le régime autoritaire pro-soviétique de Husak. Dans les trois pièces, Havel invente son double imaginaire, Ferdinand Vanek. Ce dernier se retrouve confronté à trois situations dialoguées, qui se déclinent sur le plan professionnel, social et artistique. Havel dépeint ici une société où les personnages sont en proie à leurs propres contradictions, étouffés entre conscience, compromis et lâcheté. Corrosives, les trois pièces délivrent une galerie de personnages extrêmement comiques, et l'humour noir et caustique de Havel se déploie avec brio.
L'auteur nous livre un témoignage à valeur universelle, lui qui aimait à dire : « Le théâtre existe dans le présent, ou pas du tout ! ». Il nous renseigne sur les effets d'un système totalitaire sur l'individu, qui transforme l'homme et ordonne sa vie selon ses peurs, son hypocrisie et ses frustrations. « Ballotté, manipulé, automatisé, l'homme perd peu à peu la notion de son être. » L'humour ravageur des dialogues de Havel amplifie les situations des personnages, qui nous renvoient un miroir certain, où nous pouvons tous nous reconnaître, en proie nous aussi à nos formes de dictatures ordinaires.
Dans ce court texte théâtral, il n'y a aucun artifice : tout repose sur le jeu des comédiens. L'imaginaire se déploie par le langage, par une fine composition des dialogues. Vaclav Havel conçoit ses personnages avec intelligence et tendresse, et l'humour qu'il y distille apporte une dimension humaine, tout en étant féroce et sans compromis dans l'état des lieux qu'il dresse. La pièce prend la forme de l'interrogatoire, qui de façon subtile progresse inexorablement dans un mouvement de spirale infernale. La complexité des personnages se révèle petit à petit, l'air de rien, dans un semblant de conversation quotidienne, avant de déployer l'étendue du désastre social qui explose sous nos yeux. C'est là la grande force de l'écriture de Vaclav Havel.

EXTRAIT

MICHAEL
Sais-tu ce que Véra m'a promis ?

FERDINAND
Quoi donc ?

MICHAEL
De me faire don d'un autre enfant, l'année prochaine.

FERDINAND
C'est beau.

VERA
Michaël l'a mérité, j'en suis convaincue.

Un temps.

Tu sais ce que Michael m'a offert en revenant de Suisse ?

FERDINAND
Non.

VERA
Un décortiqueur d'amandes électrique !

MICHAEL
Il faut que tu voies ça, c'est génial !

VERA
Et c'est fou ce que c'est pratique !

MICHAEL
Comme Véra se sert beaucoup d'amandes pour mitonner ses plats, ce gadget lui fait gagner un temps incroyable.

FERDINAND
J'en suis persuadé.

Un temps.

La compagnie et le metteur en scène

La Compagnie Générale de Théâtre
Fondée en 2006 à Lausanne, la Compagnie générale de théâtre a pour objectif de soutenir la création théâtrale indépendante à Lausanne au travers des mises en scène de Matthias Urban.
En 2006, la CGT a présenté Fin de Partie de Beckett au Théâtre du 2.21 (Lausanne), avec Maurice Aufair dans le rôle-titre. L'année suivante, elle monte les Dramuscules de Thomas Bernhard, à l'Arsenic à Lausanne. Pour la saison 2010- 2011, Matthias Urban monte Liliom de Ferenc Molnar à la Grange de Dorigny à Lausanne. La pièce tourne ensuite en Suisse romande.
En 2012, la Cie adapte le roman de Georges Orwell, 1984. Le spectacle est créé à la Grange de Dorigny, puis au Théâtre du Loup à Genève. En novembre 2013, Matthias Urban met en scène Le jeune prince et la vérité de Jean-Claude Carrière au Petit théâtre de Lausanne dans une yourte mongole, avant une tournée en Suisse romande. Vernissage de Vaclav Havel est la sixième création de la compagnie.

Matthias Urban – metteur en scène
Matthias Urban passe deux ans à la SPAD (Section Professionnelle d'Art Dramatique du Conservatoire de Lausanne) avant d'être engagé comme comédien par l'Helvetic Shakespeare compagnie de Valentin Rossier. Il participe à plusieurs spectacles de cette compagnie dont Roméo et Juliette (1996), Titus Andronicus (1998), Les joyeuses commères de Windsor, Rosencrantz et Guildenstern sont morts (1999) et Hamlet (2005). Au cinéma, il joue aussi dans plusieurs long-métrages dont Ce jour-là de Raoul Ruiz (2002), Jonas et Lila de Alain Tanner (2000) et Fin de siècle de Claude Champion (1999).
Comme metteur en scène, il a collaboré à trois spectacles avec le collectif humoristique les Ouahs (Kouahs? en 2001, L'Acteur en 2002 et Le rapport particulier qu'entretiennent les barbus avec le cuir en 2005). En 2006, il fonde la Compagnie Générale de Théâtre avec laquelle il a mis en scène Fin de Partie de Samuel Becket, Dramuscules de Thomas Bernhard, Liliom de Ferenc Molnar, 1984 d'après George Orwell et Le jeune prince et la vérité de J.-C. Carrière.
En 2011, Matthias Urban a bénéficié de la bourse de compagnonnage attribuée par le canton de Vaud et la ville de Lausanne. La même année, il assiste Jean-Yves Ruf pour la création de L'homme à tiroirs, d'après Bartleby d'Herman Melville. Il est également en résidence au Théâtre La Grange de Dorigny pour trois saisons, 2012- 2015.

L'affiche du spectacle

 

Photos du spectacle
Interview de Matthias Urban et extrait vidéo au 12h45 de la RTS1

Interview au 12h30 de la RTS La Première

L'Atelier Critique en parle (4 critiques)
«Le conformisme décapé par Havel», critique de Eric Bulliard pour le journal La Gruyère
«Un manifeste contre la pensée unique», par le Migros Magazine

«Quand le vernis craque», entretien mené par Valérie Vuille pour Scènes Magazine

«Matthias Urban: agent de velours», portrait du metteur en scène par Cécile dalla Torre pour Le Courrier

Presse, documents et liens

le site de la compagnie
le dossier de présentation (pdf - 2.9 Mo)
photos haute résolution @ Fabrice Ducrest (.zip 12.7 Mo)

Durée, prix et réservation

Environ 60 minutes.

Plein tarif : 30.-
Tarif réduit : 20.-
Enfants (jusqu'à 10 ans) : 10.-
Titulaires du passe 20 ans 100 francs Valais : gratuit !

027 321 23 41
reservation@petitheatre.ch




 
     
   
© 18.03.2015 Petithéâtre
© michaël abbet