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Ta Main de Joëlle Richard
par la Roz & Coz Company (CH)

LES 5, 6 et 7 FÉVRIER 2015 | jeudi à 19h, vendredi à 20h30 et samedi à 19h

Le spectacle

Dans un futur post-apocalyptique pas si lointain, Baba Völva, un peu timbrée, un peu sorcière, dresseuse d'escargots et dernière saigneuse d'hévéas, concocte des mixtures pestilentielles au fin fond de son camion fantôme colonisé par la rouille et les herbes folles. Seul un colporteur muni d'un pince-nez adapté ose encore s'aventurer dans sa forêt fétide pour lui acheter son latex, bien si nécessaire aux amours des pauvres de Bedlam. Seulement voilà, Baba Völva tousse et ses arbres s'épuisent. Confrontée à une réalité qui l'angoisse et la hante, la saigneuse râleuse va s'ingénier à fuir l'inéluctable avec une légèreté toute feinte. C'est alors qu'une femme tapie dans l'ombre lui expose un marché douteux qu'elle brûle malgré tout d'accepter...

Basée à Fribourg, la Roz & Coz crée un conte sensible et impertinent à mi-chemin entre réalisme et farce fantastique. Écrit et mis en scène par Joëlle Richard, Ta Main décrypte nos lâchetés, idéaux et contradictions avec tendresse, humour et des répliques rythmées qui font mouche !

Distribution

écriture et mise en scène : Joëlle Richard
avec Jacqueline Corpataux, Yann Pugin, Céline Cesa
création lumière, décor et vidéo : Alain Kilar
création musique et son : Morgan Romagny
compositions saxophone : Sylvain Coquoz
costumes : Anne Marbacher
masques et sculptures : Christine Aymon
maquillages : Katrine Zingg
coproduction : Roz & Coz (www.rozandcoz.ch), Nuithonie-Fribourg, CMA-Petithéâtre de Sion 

avec le soutien de
: SSA, MiC, Loterie Romande, Ernst Göhner Stiftung, Etat de Fribourg

Les personnages

Viviane Phoenix Suzette de Nemeton, dite Baba Völva*
Dresseuse de gastéropodes et dernière saigneuse d'hévéas, elle étouffe à petit feu dans ses émanations de soufre. Aux mains et aux pieds, des cloques couvertes d'éternels pansements. Née d'une mère ivrogne, elle a fui la fin d'un cycle pour se créer une forêt protectrice muée en mission salvatrice. Incapable de se résigner à couper ses arbres qui doivent tomber pour mieux s'élever, elle attend, sans trop savoir quoi, exactement.
* Baba signifie « grand-mère » et renvoie aux figures des contes slaves. Les völvas sont quant à elles des prêtresses, guérisseuses ou sorcières dans le folklore scandinave.

Ephédrine S., dite Matricule 14116
Anosmique, elle pénètre sans ciller au cœur de la forêt nauséabonde. Bon petit soldat convaincu que l'ordre et la discipline sont les mamelles d'une société bien accordée, elle observe la fantasque Baba Völva avec une curiosité mâtinée d'aversion. Subtile, patiente, elle s'approche implacablement et espère porter un coup fatal à celle qu'elle se doit d'éliminer. C'est sans compter sur la déraison, qui, parfois, se montre contagieuse.

Ambertus Lucius Gigue, dit Pincette
Camelot de talent et confident de toujours, lui seul connaît le passé de Baba Völva, qu'il ravitaille régulièrement contre un stock tout frais de latex en boîte. Protecteur mais vénal, séduit mais pragmatique, il voit que les arbres s'épuisent et pressent que Baba Völva se détruit doucement. C'est alors qu'il croise la froide Éphédrine, déléguée ordonnée d'un monde en mutation, qui détient les clés d'une gloire susceptible de le tenter.

La nature
Un cycle se termine, celui de la grande forêt d'hévéas, le bois de Nemeton. Les crabes ont envahi les terres. Un vent violent souffle sans discontinuer. La terre est sèche, aride, les gosiers aussi. On vit la nuit pour mieux fuir les rayons d'un soleil devenu carnassier. Parfois une cloche résonne au lointain, quelqu'un s'est envolé. À l'aube du jour et au crépuscule de la pièce, la forêt s'embrasera et la pluie, enfin, reviendra.

L'écriture et le texte

L'ÉCRITURE
« Comme le disait D. H. Lawrence, « Never trust the teller, trust the tale ». Si je suis persuadée que mon texte en gestation sera bien plus éloquent que tout ce que je serais capable de raconter à son sujet, je peux néanmoins inclure
ici quelques mots sur le style de la pièce et sur ses influences. Mon travail de mise en scène et d'écriture s'inscrit en effet dans une tradition anglo-saxonne, à travers Shakespeare d'abord, qui me fascine depuis mon plus jeune âge tant j'admire sa finesse d'esprit, son univers poétique et la formidable dimension spirituelle (dans tous les sens du terme) de son œuvre. Shakespeare, c'est la mise à nu scénique de la chair et de l'âme, l'humour teinté de désespoir, la passion et la souffrance dans une même et sublime danse. Bref, la vie à l'état pur, parfois tragique et comique dans la même seconde, bruissant de richesses et de contradictions. Je cherche depuis toujours à trouver un équivalent contemporain à son sens de la répartie, du rythme et de la musicalité. Les semaines passées à traduire Macbeth m'ont permis de fourbir mes armes et m'ont décidée à opter pour une prose percutante nourrie à la fois par des images fortement évocatrices et par un jeu subtil d'assonances. Les retours du public quant à la modernité et au souffle de ma version française m'ont convaincue de continuer à développer cette approche. Nombreux sont par ailleurs les auteurs anglophones m'ayant influencée lors de ma formation à Londres (Mamet, Hare, Pinter, Stoppard, Bennett, Williams, Kane, Churchill) et qui ont
en commun une profondeur et une intelligence rare, distillant insidieusement un monde qui vous hante et vous poursuit à coup de lignes qui sonnent et qui cognent. Je peux également citer Dürrenmatt, avec son grotesque joyeux, sa noirceur lucide et son ironie. Tous ces maîtres m'ont construit une colonne vertébrale littéraire, sur laquelle mes professeurs en dramaturgie londoniens m'ont conseillé de m'appuyer pour faire résonner ma voix propre, ce que je m'efforce de faire aujourd'hui. Ceci étant dit, je me méfie viscéralement d'une approche trop cérébrale, voire purement intellectuelle de la scène. Si les textes, écrits avec une ligne directrice, une pensée distanciatoire et des strates de réflexion restent pour moi fondateurs, la physicalité du théâtre et la création d'un lien organique avec le public priment. Les mots creux ne servent à rien, il faut que quelque chose se passe sur scène, créer une tension entre les protagonistes, travailler le « faire » plutôt que le « dire » pour que surgisse l'émotion. Dans le même ordre d'idées, je déteste le théâtre donneur de leçons, le prêchi-prêcha, qui prétend apprendre aux autres comment vivre au lieu de laisser aux spectateurs le soin de se forger leur propre opinion à travers la sympathie ou l'aversion qu'ils ont pour les personnages et leurs cahots intérieurs. Avec Baba Völva, je souhaite donc offrir une simplicité de forme, concrète et directe, des images fortes ainsi qu'une véritable partition d'acteurs, ludique, versatile et jubilatoire, afin de servir la réflexion sous-jacente avec sensibilité, justesse et un zeste d'impertinence. »
Joëlle Richard

EXTRAIT DU TEXTE
« Parfois, dans la vie, il y a des mots qui se perdent avant même d'être articulés.
La haine, elle, parvient toujours à se frayer un chemin entre nos dents serrées, elle fait levier, d'un rien, pour déverser sa rage, son mépris, son dégoût de tout, sans regret ni retenue, sans la moindre hésitation.
L'amour, l'empathie, le réconfort, non...
Et pourtant...
Il y a des mots qui comblent des blessures béantes, des mots qui réparent, élèvent, relient, des mots que l'on tait toutefois en crispant les mâchoires jusqu'à prétendre les oublier pour ne pas, surtout pas, avoir à se dévoiler.
Cette nuit-là, quelque chose me disait qu'il fallait les laisser s'écouler. J'avais besoin de comprendre. J'avais besoin de m'expliquer."

La compagnie Roz & Coz

Fondée à l'initiative de Joëlle Richard, auteure, metteure en scène, traductrice et dramaturge helvétique, la compagnie de théâtre professionnelle Roz & Coz Theatre Company (www.rozandcoz.ch) monte des spectacles en français, allemand et anglais depuis 2005. En quête d'un terreau compatible avec ses envies de création artistique empreintes de rigueur, de dynamisme et simplicité, la troupe s'installe à Fribourg en mars 2010, région polyvalente dont elle partage le souci d'ouverture vers d'autres langues et cultures. Ta Main sera sa troisième création d'envergure, ainsi que la cinquième mise en scène professionnelle de Joëlle Richard qui en signe également le texte original

Les habitués du Petithéâtre se souviendront peut-être du remarquable MacBeth (2007), dont la traduction handmade de Joëlle Richard résonne encore dans nos murs !

L'affiche du spectacle

Photos du spectacle
Présentation vidéo

Teaser du spectacle et interviews

« Nuithonie présente "Ta Main" de Joëlle Richard », un reportage de La Télé par Zelda Chauvet
«Une forêt à l'image du monde», un article de Joël Jenzer, dans le Nouvelliste (04.02.15)
Presse, documents et liens

le site de la compagnie
le dossier de presse (0.6 Mo)
article de La Région, Journal du Nord Vaudois, 23.01.2015

Durée, prix et réservation

Environ 105 minutes.

Plein tarif : 30.-
Tarif réduit : 20.-
Enfants (jusqu'à 10 ans) : 10.-
Titulaires du passe 20 ans 100 francs Valais : gratuit !

027 321 23 41
reservation@petitheatre.ch




 
     
   
© 05.02.2015 Petithéâtre
© michaël abbet