Chronique à propos du spectacle : 12 – La route du levant (saison 2016-2017).

souvent on gueule dans un dialogue de sourds
comment faire entendre la raison dans la folie
comment laisser la place à la folie dans la raison

la violence s’invite
dans le regard
dans le crachat
dans le geste
dans la menace
dans le mensonge

souvent on invoque la loi dans l’incompréhension
le droit est une arme qui tranche
le droit fait rendre gorge

la violence est une affaire de dieux
manifeste de la vanité des dieux
pavé dans la gueule de l’ange
gibet pour le renégat
la croix et les clous pour l’infidèle
la béatitude pour le bourreau

souvent on fait vacarme dans le silence accusateur
la colère étouffe le respect
la peur étrangle la colère

la violence est une démesure
menottes quenottes gélinotte
la violence est un hymne à la joie
victoire gloire mémoire
la violence est un jeu d’enfant
coutelas chocolat tralala
la violence est une ritournelle
marelle éclat de ciel bonheur éternel

souvent on crève dans les interrogatoires
le destin est une grille de mots fléchés
le destin est une danse du pouvoir
le destin est un ricanement des dieux

La route du levant
(photo : Alex Kurth)

par Pierre-André Milhit

Pierre-André Milhit est né en 1954 à Saxon et vit aujourd'hui à Montorge sur Sion. Il a pratiqué treize métiers parmi lesquels chauffeur-livreur, employé de pompes funèbres, garçon de café. Il est désormais travailleur social et rédige régulièrement des chroniques pour ce blog.


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