Chronique à propos du spectacle : 06 – Heidi (saison 2016-2017).

“Rien ne se perd, rien ne se crée ; tout se transforme”, aurait pu dire le grand-père d’Heidi en citant Lavoisier s’il n’était sénile… Les quelques mots articulés entre les dentiers manipulés par les doigts d’Heidi finissent dans la poubelle… comme tout le reste d’ailleurs !

L’image propre en ordre d’une Suisse éduquée puis habituée à la précision horlogère du bien rangé, à l’art du découpage au couteau suisse du chocolat bien emballé, au triage des déchets, aux clichés pour bien paraître, sans oublier les images bucoliques bien classées dans les tiroirs numérotés du souvenir, cette image en prend un sale coup !

Si Milka n’avait pas eu la mauvaise idée de se perdre dans la montagne, on n’aurait pas eu besoin de faire appel à la REGA et encore moins de recycler la vache en hamburger… Et si le grand-père avait mieux entretenu son esprit et sa dentition, s’il ne s’était pas enfermé dans ses habitudes de vieux garçon maniaque, on aurait pu mettre le Cervin dans une bouteille et Heidi dans une bulle.

Mais où donc est passée la jolie histoire qu’Heidi chérit dans ses gestes quotidiens marqués par la mémoire ? Pour retrouver l’ordre du début, il faut probablement passer par le chaos de la fin .

par Marc Robert

Marc est un coumâra du Petithéâtre. Il est infirmier clinicien, de nationalité suisse et canadienne, études en anthropologie. Intérêt marqué pour la littérature et le théâtre.


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