Chronique à propos du spectacle : 03 – Show room, nouveau drame (saison 2016-2017).
Show Room, nouveau drame Photo de répétition (crédit photo : Félicie Milhit)

Show Room, nouveau drame
Photo de répétition
(crédit photo : Félicie Milhit)

Il s’agit d’un couple de chômeurs qui baignent dans leur jus. Désœuvrés, ils se sont chacun agrippés à une bouée – une paella aux relents funestes et une tauromachie toute domestique -, ils se sont enchaînés à un rocher alors que leur raison sombre, que le vide les dévore.
Seulement, ce n’est pas une pièce lourde et pâteuse qui laisse un goût amer, presque de moisi, quand on en sort. Au contraire, sans pour autant devenir insipide et éthérée, elle surgit, profonde et légère.

Le texte y est subtil, exigeant et taquin. Il permet de rendre compte de l’esprit croupissant des personnages, qui, comme le ferait du lait, vient à tourner. Leur raison vacille, elle patine, gesticule et chute. Leur langage se disloque, se dissout puis il advient ailleurs, et monte à nouveau.
Si le texte prend, c’est avant tout parce qu’il est porté par deux comédiens de talent, deux orfèvres qui savent faire rire. Leur jeu est à la fois surprenant et efficace, on le dévore goulument, savourant la justesse et les contrastes.

Magistralement interprété et mis en scène par la compagnie Jusqu’à m’y fondre, Show Room est une fable quotidienne d’une lucidité nouvelle, la reprise pétrie d’inventivité et d’intelligence d’une histoire qui nous appartient. Au-delà du rêve sirupeux, par son acidité, c’est une invitation à se désencrouter.

par Basile Seppey

Basile est une blogueur du Petithéâtre.


Commentaire (1)

Merci pour ton précieux regard, Basile !

3 mois ago

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