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Genèse 4

Au Petithéâtre de Sion, Geneviève Guhl, Stéphanie Küffer, Fabien Ballif et Thomas Laubacher créent Genèse 4 , de Bastien Fournier, dans une mise en scène de Stéphane Mercoyrol. A voir du 24 mars au 9 avril 2006.


« Yahvé dit à Caïn : « Où est ton frère Abel ? » Il répondit : « Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ? » Yahvé reprit : « Qu'as-tu fait ! Ecoute le sang de ton frère crier vers moi du sol ! Maintenant, sois maudit et chassé du sol fertile qui a ouvert la bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère. Si tu cultives le sol, il ne te donnera plus son produit : tu seras un errant parcourant la terre. » […] Caïn se retira de la présence de Yahvé et séjourna au pays de Nos, à l'orient d'Eden. » C'est sur cet épisode biblique que Genèse 4 est construit. Vorace est le premier meurtrier de l'humanité, et son frère Ether la victime initiale. Récit de l'entrée de la mort dans le monde : « Nous n'avions jamais vu l'eau de cette couleur. Elle était chaude. Nous l'avons appelée « sang » et compris qu'elle charriait la vie. Puis l'eau ne coulait plus le long du visage de mon fils. Nous l'avons appelé « cadavre » et nous avons pleuré » , dit Vive, la mère des deux protagonistes. Vorace se résout, en l'absence d'un père justicier, à chercher l'absolution ou la condamnation auprès de Siope, sa compagne, une mystérieuse musicienne qui ne lui renvoie que l'écho silencieux de son piano.

Selon le metteur en scène Stéphane Mercoyrol, la question : est-ce que ce texte est religieux ? amènerait un aveuglement total sur ce qu'est écrire. « La question, dit-il, est plutôt : pourquoi cet homme que je ne connais pas, ou que je connais peu, écrit sur ce sujet et parle du rapport entre deux frères, du rapport de reconnaissance, du rôle de l'aîné dans une fratrie ? » Il poursuit : « La question de savoir ce qu'on peut créer, si on espère créer, ne peut se poser qu'à partir du moment où on apprend. Il est extrêmement difficile de créer à partir du néant. Ce qui est beau dans le fait qu'un jeune auteur s'intéresse à une telle histoire, c'est la prise de conscience qu'il est nécessaire d'interroger ce qui vient avant. C'est aussi la perte de cette ascendance. »

Assises littéraires
La thématique des frères ennemis est, en effet, un topos historique, mythologique et littéraire : Caïn et Abel, bien sûr, mais également Esaü et Jacob, Etéocle et Polynice, Rémus et Romulus, les Horace et les Curiace, les frères Karamazov… Le texte, composé en vers libres, s'appuie sur une tradition littéraire étendue : une scène de reconnaissance, à l'instar de Sophocle, une parabase inspirée d'Aristophane, l'Ancien Testament. Le mélange se retrouve dans un développement non linéaire de l'intrigue : rétrospectives, « motifs récurrents qui confinent à l'obsession, mais qui, paradoxalement, rendent la fable très lisible », confie Bastien Fournier.

Distorsions
A cette écriture éclatée répond la mise en scène de Stéphane Mercoyrol, qui pose les actions de manière figurée, non montrée, les rapports entre les personnages passant, comme au billard, « par la bande ». De même, la scénographie de José-Manuel Ruiz pose inexorablement Vive sur une structure métallique surélevée, brisant toute possibilité de rapports filiaux chaleureux et intimes. Le temps est distordu, les personnages sont des figures : le texte a dès le départ été composé dans l'esprit de laisser une immense liberté à l'imagination du metteur en scène et des comédiens. L'interprétation et le jugement des actes dévoilés incomberont finalement, de manière individuelle, à chacun des spectateurs présents dans la salle.

Poésie et politique
Peut-être l'une des dimensions majeures du texte de Bastien Fournier est-elle la tentative de comprendre les raisons d'une violence, sans y proposer de solution ni porter de jugement. Comme les rituels religieux ont pu en être un, la scène théâtrale s'avère sans doute, pour l'auteur, un moyen de prononcer un discours poétique où règne le silence. C'est d'ailleurs l'opinion de Stéphane Mercoyrol : « Ce texte ouvre des perspectives énormes sur la compréhension de l'éclatement où nous sommes et l'envie, le désir de se rattacher, de se raccrocher au peu de choses qui nous reste. »

Genèse 4 apparaît donc comme un véritable miroir des relations sociales, du microcosme de l'individu au macrocosme de la communauté, voire de l'espèce. En traitant de rapports entre des individus déchirés dans leurs interactions, la pièce remet, en somme, la politique au cœur de l'intime et l'intime au cœur de la politique.

Michaël Abbet

in Scènes Magazine n°185, mars 2006

 

Genèse 4
La pie a rencontré une musicienne, Stéphanie Küffer

Dans l’ambiance feutrée d’une brasserie du Grand-Pont, notre rapporteuse à plume a prêté l’oreille au parcours d’une pianiste professionnelle.

Née de parents bernois et neuchâtelois, ainsi que musiciens amateurs, Stéphanie, qui s’est elle-même mise au piano classique dès l’âge de 5 ans, s’installe à Grimisuat en 1980.

Elle avoue avoir d’emblée adopté le quartier de Pierrabesse : “Un endroit très tranquille, jouissant d’une vue dégagée. Je comprends parfaitement pourquoi on y a beaucoup bâti ces dernières années : c’est magnifique! Aujourd’hui encore, j’y retourne avec plaisir.”

Incitée par son environnement direct (“La musique était dans le foyer”) elle persévère durant son enfance dans le classique. A l’adolescence, c’est la découverte du jazz : “Cette musique est malléable, elle n’obéit à aucune règle stricte, elle ouvre les limites, elle permet une grande liberté d’expression, une composition instantanée, un contact direct à la créativité. Au clavier, je peux en jouant intégrer de nouveaux éléments à la partition.”

Après l’obtention de sa maturité, elle fréquente la faculté de lettres de l’université de Genève, mais s’aperçoit rapidement qu’elle ne pourra concilier étude et musique. “J’aimais trop le piano, j’ai choisi d’en faire mon métier.” Elle entre donc à l’école de jazz de Lausanne (EJMA), où elle décrochera son diplôme en 2000, suivi en 2001 d’un certificat du conservatoire classique de Genève.

Ces années d’étude seront jalonnées par plusieurs étés à New York. “Je m’y étais rendue pour la première fois à 24 ans, à la sauvage, sans aucune référence. Je voulais y trouver l’occasion d’étendre mes connaissances musicales.” La chance lui sourit, puisqu’elle rencontre rapidement un pianiste célèbre, Richie Beirach, avec qui elle travaillera durant ces saisons successives. “Un grand-maître, une référence, et des plus pédagogues! Il est devenu un grand ami, et il s’est sur mon invitation produit à Sion.” Quatre mois par année, elle exerce ainsi composition et improvisation, dans l’atmosphère trépidante de la Grande Pomme : “C’est la ville du jazz, un centre de bouillonnement artistique et créatif! Une véritable “ville de la passion” au rythme fou!”

De même, elle accompagne en 1997 à Taiwan une chanteuse pop dans sa tournée de promotion. Elle trouve ainsi l’occasion de travailler avec une grosse maison, ainsi que de réaliser des musiques de films.

En 1998, Stéphanie découvre la salsa et amorce un troisième apprentissage.
“C’est dans mon caractère, je suis curieuse, ouverte à la diversité, j’aime expérimenter des styles différents. J’ai connu un véritable coup de coeur pour la musique latine, sa richesse rythmique et le travail en commun qu’elle implique.”

Elle tourne dans différents groupes latino et mène dès lors sa vie d’artiste : elle se produit sur des scènes de Suisse romande et de France, dans des concerts, des cabarets, des festivals tels que Montreux ou Cully, accompagne des chorégraphies, des comédiens, enregistre des CD.

Du duo au big band, elle joue dans toute la gamme des formations musicales, appartenant parfois jusqu’à dix groupes simultanément.

“Tout y a passé : le funk, le gospel, la chanson française, la pop, la samba!” Parallèlement, elle écrit de la musique, des arrangements, et enseigne le piano à titre privé ou dans différentes écoles.

De 2003 à 2005, elle effectue une pause spirituelle en étudiant dans une école biblique d’Angleterre. Elle ne renonce pas pour autant à ses activités artistiques, en réalisant des arrangements pour des choeurs gospel, tout en rédigeant des adaptations musicales pour piano, ou en donnant des récitals à Londres et Manchester.

Rentrée en septembre, elle reprend progressivement sa vie musicale en Suisse.

Réinstallée à Lausanne, elle retourne néanmoins régulièrement dans sa région d’adoption. “Je suis Valaisanne de coeur, j’y ressens une identité culturelle ! Dans les autres cantons, on reconnaît immédiatement le Valaisan, en ce qu’il mentionne d’emblée d’où il vient. C’est mon cas, et souvent le soleil du Valais me manque.”

Stéphanie Küffer sera bientôt à l’affiche de “Genèse 4”, une création théâtrale de Bastien Fournier, jouée à Sion, au Petithéâtre du vendredi 24 mars au dimanche 3 avril, jeudi à 19h, vendredi et samedi à 20h30, et dimanche à 17h. Elle y jouera son propre éclairage musical de la pièce. “Une expérience passionnante. Je suis intégrée à l’intrigue du début à la fin. Apprendre un texte, travailler avec un metteur en scène, c’est nouveau et intéressant pour moi. Mon interprétation participe ainsi de l’expression d’un personnage.” La pièce de Bastien Fournier, jeune auteur valaisan ayant déjà figuré dans les colonnes de l’Agache, mélange en effet originalement musique et jeux d’acteurs. Ces derniers, à savoir Fabien Ballif, Thomas Laubacher et Geneviève Guhl, ont été formés dans les meilleures écoles romandes. Quant au metteur en scène, le Parisien Stéphane Mercoyrol, il est actif dans les plus grandes salles françaises.

Le constant enthousiasme de l’invitée ne se départit pas d’une patente modestie, puisqu’elle avoue pour conclure, avant de rejoindre la répétition : “Je n’ai pas de talent. J’ai simplement de la passion, et je l’ai toujours travaillée en allant de l’avant.”

Etienne Fardel

in L'Agache, p.3, février 2006


Au Petithéâtre de Sion : Tango, théâtre musical
Une collaboration entre l'ensemble Musiques Actuelles et la chanteuse belge Pierrette Laffineuse promet un spectacle poétique, généreux et puissant : Borges, Eros, Piazzolla, Thanatos et quelques autres. A voir en décembre au Petithéâtre de Sion.

Avec Tango, spectacle conçu et arrangé par Christophe Daverio, l'écrivain Jorge Luis Borges rencontre les musiques d'Astor Piazzolla pour une approche du tango originel, non dansé, chants et complaintes populaires des bas-fonds de Buenos Aires : « Fils bâtard de la habanera afro-cubaine et de la milonga argentine, le tango n'était d'abord que musique. Les premiers textes essayaient de recréer l'atmosphère des bordels des Corrales Viejos et de glorifier les personnages d'un monde interlope. Le compadrito est le héros de cette nouvelle chanson de geste. C'est un marlou qui porte beau et n'hésite pas à manier le couteau », explique Christophe Daverio.

Cet aspect séduit Jorge Luis Borges lorsqu'il s'intéresse à l'univers du tango : « Tango que j'ai vu danser / sur fond doré de crépuscule / par des gens capables / d'une autre danse, celle du couteau. » Le poète de Buenos Aires donne ses lettres de noblesse au genre du tango, à la fois épique et populaire, folklorique, héroïque et fervent : « Le tango crée un trouble / passé irréel qui, d'une certaine manière, est vrai, / un souvenir impossible d'une mort lors d'une rixe, au coin d'une rue du faubourg. »

« Avec Astor Piazzolla », poursuit Christophe Daverio, « le tango devient musique pure, exprimant cette saudade chère au fado, nostalgie, amour et séduction. Réalité de l'être humain depuis la nuit des temps. » Une chaude réalité que Pierrette Laffineuse, Arthur Guignard, Màtyàs Vincsi, Raphaël Pitteloud et Christophe Daverio porteront dans l'hiver valaisan.

in Scènes Magazine n°181, décembre 2005


De la toile à la scène
Le cinéaste Jean-François Amiguet met en scène, en ce mois de novembre, Françoise Gugger, Jean-Luc Borgeat et André Vouilloz dans La Musica Deuxième de Marguerite duras au Petithéâtre de Sion. Rencontre.

Jean-François Amiguet, le public connaît votre travail de cinéaste, notamment votre dernier long-métrage Au Sud des nuages. Quelle motivation vous pousse à vous frotter au travail de mise en scène théâtrale pour la première fois ?
J.-F. Amiguet : Si j'ai fait du cinéma dès l'âge de vingt ans, le théâtre n'y est pas pour rien ! En effet, j'ai accédé à la fiction par des œuvres d'Harold Pinter et de Marguerite Duras, écrites pour la scène. Ce qui me fascinait chez ces deux auteurs, c'était ces fameux petits décalages qui « racontent » tellement bien les sous-entendus et les malentendus de l'existence.
Maintenant, du point de vue de mon travail, j'ai pu m'apercevoir dès le premier jour que ce que j'ai appris ces dernières années au cinéma allait très directement influencer ma façon de mettre en scène La Musica Deuxième.

En quoi votre mise en scène est-elle particulière ?
J.-F. Amiguet : Dans cette mise en scène avec Françoise Gugger, Jean-Luc Borgeat et André Vouilloz, j'ai pris quelques libertés, je crois, avec la convention théâtrale. Et ce, spécialement dans la deuxième partie de la pièce - d'ailleurs écrite vingt ans plus tard par l'auteur ! - où j'ai proposé de séparer ce qui relève de « l'image » (les acteurs sur scène) et du « son » (la voix de ces mêmes acteurs, enregistrée au préalable). Ce désir-là m'est venu du souvenir d'un film de Marguerite Duras, Son Nom de Venise dans Calcutta désert, où l'auteur reprenait l'entier de la bande-son d'India song, son précédent film, pour la placer sur des images totalement différentes. Marguerite Duras jetait volontiers des passerelles entre des genres différents, en l'occurrence le théâtre et le cinéma.

Qu'est-ce qui vous frappe dans le travail théâtral ?
J.-F. Amiguet : Parfois, sur un plateau de cinéma, on a le sentiment de réaliser le « brouillon » du film qu'on voudrait faire, faute de temps. Au théâtre, c'est une évidence, on peut mettre le paquet sur le travail avec l'acteur, on peut prendre des risques, sortir des rails. C'est un véritable sentiment de liberté.

Ce projet a-t-il une dimension affective à vos yeux ?
J.-F. Amiguet : Cela peut paraître immodeste, car l'écriture de Duras est d'une beauté incomparable, mais j'ai l'impression, avec la mise en scène de La Musica Deuxième, de replonger dans l'univers de ma trilogie sur les incertitudes du cœur : Alexandre, La Méridienne, L'Ecrivain public. J'ai le sentiment de revenir à mes premières amours…

in Scènes Magazine n°181, p.27, novembre 2005


Le Bel Hubert, Simon Gerber et Sarclo: frères de rimes et de racines
Ils font des vraies chansons avec des morceaux dedans. Revendiquant leur appartenance au pays du gruyère, ils ne chantent pourtant pas en Helvètes et présentent un spectacle en trio: Quinzaine du blanc chez les trois Suisses.

« Boris Vian disait que le poète écrit sous les coups de l'inspiration, mais qu'il y en a à qui les coups ne font rien. Eux, ce sont des gens qui ont reçu ! » rigole Sarclo en évoquant ses camarades chanteurs Bel Hubert et Simon Gerber. Toujours aussi friand de maximes grand cru, il se fend de quelques brillants apophtegmes à l'égard de ses deux complices. « Hubert est d'une intelligence phénoménale. Tout ce qu'il dit est inattendu. Chez Simon, il y a une espèce de disponibilité à l'émerveillement. Et puis ce sont des « yasagers » absolus ! » Pour le Bel Hubert, Sarclo est un grand frère en chanson, « un immense bon type », alors que Simon le considère comme un des grands auteurs de ce siècle et du siècle passé. Ce respect mutuel imprègne leur prestation, toute de simplicité et de complicité.

Présenté à Avignon cet été, leur spectacle a été accueilli avec « émotion et gourmandise ». Chanteurs à verbe, les trois Suisses ont fait le bonheur des plus exigeants. Tel l'humoriste Vincent Roca sous le charme d'une langue maniée avec verve et un soin d'horloger : « Ils font les plus belles chansons du monde, elles sont écrites au poinçon, par des joailliers jobards… Ces trois-là se renvoient la ballade, on s'attend au pire, et on est toujours surpris ! » De révolte rocailleuse en tendresse nuageuse, les compères se complètent à merveille. L'énergie rageuse de Sarclo, « domaine ancestral », se plie aux exigences des délicats arrangements de Simon Gerber, « domaine musical », alors que les poétiques saillies du Bel Hubert, « domaine rural et mécanique générale », pimentent leur paysage créatif. « Un jour, en France, Simon et moi chantions La Génisse , du Bel Hubert, raconte Sarclo. On s'est demandé pourquoi il n'était pas avec nous et ce qu'il pouvait bien faire dans son garage. Alors on l'a invité à nous rejoindre pour un spectacle de chanteurs centré sur le cru du contenu avec nos chansons les unes dans les autres. » Et le Bel Hubert n'a pas demandé mieux, quittant pour un temps son village de Sonceboz. « J'aime, chez Sarclo, la gouaille, la gueule et le verbe agressif et, chez Simon, j'aime la musicalité, la note et ses traits de génie avec trois accords de rien du tout. » Résultat, un spectacle savoureux où le lait de la tendresse humaine mousse gaiement autour de tranches d'indignation, sans aucune grandiloquence. « On a un langage bref et modeste. Un langage décent dans la structure de la phrase qui fait appel à l'émotion des choses ténues », souligne Sarclo qui théorise sur le fait que la Suisse romande peut être considérée comme la partie réformée de la Francophonie, ce qui donne naissance à une chanson rigoureuse, sans effets ni esbroufes mais qui ne manque pas de piquant !

Corinne Jaquiéry
in Supplément week-end de 24 heures, p.18, 06.10.05


Scènes magazine
La programmation

Actif depuis trente ans, le Petithéâtre de Sion est un des quelques théâtres valaisans à proposer des créations sur trois semaines. Attentif aux artistes de la région, ouvert sur l’extérieur, il est un des moteurs culturels sédunois.

Sur huit spectacles, cinq nouvelles productions figurent à l’affiche de cette année. Défense d’auteurs francophones contemporains (Duras, Fermine, Jaoui-Bacri), interventions musicales (Hugo, Sarclo), implantation dans la région, valorisation du travail des comédiens, telles sont les lignes
qui régissent le Petithéâtre.

Les liens tissés avec l’extérieur s’expriment cette année par des collaborations entre le compositeur italien Pietro Pirelli et le metteur en scène Jean-René Dubulluit (Roma), le metteur en scène français Stéphane Mercoyrol et l’auteur valaisan Bastien Fournier (Genèse 4), la chanteuse belge Pierrette Laffineuse et l’ensemble Musiques Actuelles (Tango). Mélange d’arts et d’horizons qu’illustre La Musica Deuxième, où Jean-François Amiguet dépose sa caméra le temps d’une mise en scène théâtrale.

in Scènes Magazine n°180, p.45, octobre 2005


Place à la création
Le Petithéâtre de Sion mêle théâtre et musique dans le programme de la saison qui débute en octobre.

Le Petithéâtre de Sion est l'un des rares théâtres du canton qui proposent des créations sur trois semaines. Pour la saison 2005-2006, la salle sédunoise ne faillira pas à la tradition : sur les huit spectacles annoncés, cinq sont des créations.

La nouvelle saison se divise donc entre spectacles en accueil et créations dans les murs du Petithéâtre. En accueil, le programme propose notamment le groupe de chanson française Hugo, qui ouvrira les feux, ainsi qu'un trio infernal composé du Bel Hubert, de Simon Gerber et de Sarclo. Cinq spectacles seront créés cette saison : "La Musica deuxième", "Tango", "Roma", "Un air de famille" et "Genèse 4".

La saison 2005-2006 comporte une large part musicale. Outre Hugo et le trio de chanteurs suisses, le spectacle "Tango" verra évoluer la chanteuse belge Pierrette Laffineuse, aux côtés de l'ensemble Musiques Actuelles, sur des compositions d'Astor Piazzolla. Plusieurs pièces comportent d'ailleurs des plages musicales.

Une ligne contemporaine
Le Petithéâtre reste cependant fidèle, en priorité, au théâtre, et plus particulièrement à une ligne contemporaine. Au programme, des classiques du XXe siècle, avec des auteurs tels que Marguerite Duras et Jorge Luis Borges. Figurent également à l'affiche des auteurs vivants comme Pietro Pirelli, Maxence Fermine, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. Le public pourra encore découvrir, au mois de mars 2006, "Genèse 4", la nouvelle pièce du Valaisan Bastien Fournier.

Le Petithéâtre a aussi pour vocation de faire côtoyer la jeunesse et l'expérience. Ainsi, cette saison, autour d'artistes en pleine éclosion graviteront des professionnels confirmés comme Françoise Gugger, Jean-Luc Borgeat, Jean-François Amiguet, Jean-René Dubulluit, Rita Gay, Geneviève Guhl et d'autres encore.

Enfin, le Petithéâtre fête la naissance de son site internet (www.petitheatre.ch) qui donnera une foule d'informations et fonctionnera comme moyen de communication entre le théâtre, le public et les artistes.

JJ/C
in Le Nouvelliste n°219, p.36, 22.09.05



 

 

 

 

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octobre 2005

 
 
   
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